“Ce qu’il y a de plus réel pour moi, ce sont les illusions que je créer avec ma peinture, le reste n’est que sable mouvant   ”  

Eugène Delacroix

Everything keep dissolving est une plongée dans l’altération volontaire de la matière photographique à travers le procédé du chimigramme*. Ce travail interroge les frontières entre destruction et création, ordre et chaos. Chaque pièce, unique et impossible à reproduire, capture l’instant éphémère où la matière se métamorphose. Le chimigramme devient ainsi une métaphore du vivant : fragile, évolutif, marqué par les traces de son environnement.

Cette série célèbre l’impermanence comme acte créateur. Les traitements chimiques ne détruisent pas, ils transmutent. La matière photographique se mue en allégorie du temps, invitant le regard à deviner ce qui fut, ce qui est, et ce qui pourrait advenir. Ces visions, à mi-chemin entre la trace et l’effacement, interrogent la mémoire même de la photographie : que reste-t-il quand l’image se défait ? Quel récit naît de ses cendres chimiques ?

Les traitements chimiques agissent comme des révélateurs d’une réalité parallèle paysages mentaux ou des strates archéologiques de mémoire oubliée. S’agit-il encore de photographie, ou déjà de peinture ? La frontière se trouble, laissant émerger une réalité alternative, spectrale, morcelée, un état de la matière propre aux rêves et aux consciences altérées. Chaque pièce incarne un paradoxe : l’œuvre se fixe dans l’instant même où elle se défait. Ce sont des vanités modernes, rappelant que la beauté naît souvent de la rupture, de la cicatrice, de l’imperfection assumée.

*https://fr.wikipedia.org/wiki/Chimigramme

Liens vers d’autres chimigrammes retravaillés au feutre (après Second life): https://sebastien-magne.fr/a-coups-de-traits-zigzagants/dessin3