A coup de traits zigzaguants  Dessin, 2016.

 Everything keeps dissolving  Photographie, 2018. 

People are strange  Photographie, 2017. 

Prenons le mot biscornu par exemple,

n’est-ce pas un drôle d’oiseau

avec sa forme irrégulière, bizarre

et son caractère absurde, extravaguant

comme c’est écrit dans le dictionnaire ?

Sans parler de son étymologie douteuse :

qui a deux cornes ;

et si l’on cherche des synonymes

alors là c’est carrément

bancal, tordu, saugrenu, incensé

farfelu, abracadabrant et j’en passe.

Les Émerveillements, Livre 2  Littérature, 2016. 

Coconut  Sérigraphie textile, 2018. 

Le point d’assemblage  Installation, 2009. 

« Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à mûrir, à se créer indéfiniment soi-même. C’est une création qui se poursuit sans fin en vertu d’un mouvement initial.»  
L’évolution créatrice, Henri Bergson, éd. Puf
« D’ailleurs c’est l’ordre normal de la vie que d’aller d’étonnement en étonnement. »
Le ciel du faubourg, André D’Hôtel. Ed Grasset

De formation philosophique, j’ai trouvé dans les arts plastiques un mode de vie rythmé par un ensemble de pratiques, comme autant de points de vue complémentaires. Photographie, vidéo, dessin, musique, littérature,…, tous ces médiums ont comme ligne directrice : l’écriture fragmentaire.

Comme le dit E. Hoppenot L’écriture fragmentaire est un art de la Fugue . Chaque fragment (une photographie, un texte, une séquence, un sample), est une totalité ouverte qui appelle son infinie réitération. Chaque fragment résulte de l’entretien ininterrompu avec les semblables et le relance..

De même que le sampling a amené une nouvelle manière de composer, de nouveaux genres musicaux, des hybridations, un nouveau public, de nouvelles pratiques culturelles, de même le fragment dans les arts plastiques appelle la transdisciplinarité,  le nouveaux mode de présentation et un nouveau type de public, coproducteur de l’œuvre dans la mesure où celle-ci amène le « spect-acteur » à une lecture herméneutique, nécessairement singulière. 

Aussi loin que je me souvienne, la question qui sans cesse revient est : qu’est ce que le réel ?

 D’abord parce qu’aucun discours, récit ou système, n’a jamais pu y répondre de manière concluante et définitive. Seule l’expérience de première main, « prise dans le tissu du monde » selon l’expression de M. Merleau Ponty, est la réponse perpétuellement reconduite du réel à son propre questionnement. C’est pourquoi le fragment, parce qu’il déstabilise la pensée et brise la fausse continuité de l’intellect, m’apparait comme le plus apte à rendre compte des contradictions du réel qui au delà de tout dualisme est selon l’expression védique « ni ceci, ni cela (Neti Neti) ».

 *Eric Hoppenot, Maurice Blanchot et l’écriture fragmentaire: “le temps de l’absence de temps”, Colloque du GRES, Barcelone 2001

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